MAGAZINE : UNIVERS DES ARTS OCTOBRE 2011

EN À VENT !

DES SCULPTURES MONUMENTALES DANS LES RUES DE LA VILLE DE LANGRES En à vent ! , le mouvement en couleur. Créations de Paul Schnebelen. Des œuvres sont également présentées aussi à L’Espace René-Lemaire. Galerie ouverte du vendredi au dimanche de 15h à 19h. Du 20 juin au 25 septembre 2011.

Renseignements : Association Tête  de l’art / Galerie d’art et d’exposition / Espace René-Lemaire / 28, rue du Cardinal Morlot 52000 Langres /

LA CAMPAGNE NE TOURNE PAS ROND…

champagne
Champagne / Paul Schnebelen / 2011

Le Mosellan Paul Schnebelen installe ses ingénieux mobiles en milieu rural. Partant du principe de la récupération, il nous propose un voyage magique et bariolé au pays du mouvement.

Certes, il faut s’enfoncer un peu dans les terres pour atteindre Trépail (25 km de Châlons ou d’Epernay), mais la visite du site vaut vraiment le déplacement.
Le Pré En Bulles, structure d’accueil touristique ou d’affaires, offrant une scénographie innovante autour du champagne festif, se propose donc d’exposer des artistes contemporains pour se mettre en valeur. Et Paul Schnebelen participe de bon coeur, ayant même constitué une œuvre en une semaine à destination du lieu : sa sculpture  « Champagne » fait ainsi pétiller des dizaines de bulles transparentes, dont le reflet se projette tout azimut sur le mur. « Le mouvement est ma règle d’or, je ne conçois rien de statique », ajoute l’artiste, procédant au branchement d’une pièce faisant tourner des cartes à jouer. Le second impératif qu’il s’impose porte sur la présence de roues ou de sphères, pour leur beauté et leur trajectoire parfaite. Boules de billard, de pétanque ou de bowling, mécanisme de vélo, roues de charrettes… Il écume les brocantes et amasse tout ce que son entourage veut bien lui donner.
Un jeu d’enfant ?
« J’ai réalisé mon premier mobile à 20 ans : je voulais un bateau, mon père m’a dit que je n’avais qu’à le faire moi-même ». Quincailler de père en fils et usinant au plus près des entreprises, Paul Schnebelen a quand même un passé de bricoleur. « J’ai juste transféré mon activité vers quelque chose de plus esthétique, au grand dam de ma femme qui préfèrerait que je répare la chaudière », s’amuse-t-il. Dans son ingénierie, il ne cherche d’ailleurs que le délire du mouvement, impulsant des rythmes saccadés pour rompre l’ennui ou créant des mobiles fonctionnant au vent. « Tout est calculé et demande une infinie patience » justifie-t-il… Et l’on pourrait d’ailleurs rester des heures à les contempler, bercés par le moteur et les pièces qui s’animent.

Pauline Godart

L’hebdo du vendredi, journal d’information sur Reims, Chalons, Epernay